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Ma Charente, où l’on roule
les « r », n’offre rien
d’aussi rude.
Des peupliers sveltes,
qui ont des grâces de jeunes filles, de doux aubiers,
de petits bois pleins
de noisetiers et,
autour des mares,
de hauts bosquets de joncs
à la pointe desquels,
comme
de gigantesques élingues,
demeurent posés,
des heures durant,
des papillons. »
Pierre Véry,
extrait de l’article Beauté de ma Charente,
revue Visage du monde, octobre 1934.
Quand on demande au peintre ce qui l’a poussé sur le chemin de la peinture…
Rimbaud m’ouvrit la première porte, Baudelaire…,
ces poètes qui savent nous transmettre
ces images chargées d’émotions et d’odeurs.
À 16 ans, c’est en autostop que je parcourais
la campagne à la recherche de petits boulots.
C’est à pieds que
je me suis saoûlé d’images.
C’est en usant mes
galoches au travers
de ces livres et
de ces sentiers
que j’ai peint
sans le savoir
mes premières œuvres.
C’est à ces auteurs et ces longues marches que je dois d’être devenu
un voleur d’images.
La peinture,
telle la vouivre
intérieure,
sommeille en nous.
De curiosités, d’aventures
au fantasme,
elle gravit
chaque échelon
de notre système vital.
Se cristalise pour finir
dans les tripes.
Un frisson, une chair
de poule ; elle prend
tous les visages avant
d’épouser les traits
de cette maîtresse
insatisfaite.
L’artiste est double. Il est d’abord l’humble et patient suiveur inspiré des grands maîtres de la Renaissance. Celui dont la création est enfantée dans la pure traditions des savoir-faire. Broyage des pigments, cuisson des vernis et préparation de la toile participent ainsi de ces natures mortes. Paisibles et intimistes, ces images disent le geste contenu, poursuivent le récit d’un art vieux de quelques siècles.
Mais, chez l’autre Grare, celui des plans d’eau et de la nature, la main de l’artiste autonome et audacieux bouscule les protocoles et s’invente avec gourmandise un vocable des couleurs et des techniques tout à fait inédit. Gouache, aquarelle, huile se rencontrent sur le carton, le papier ou la toile et semblent s’entendre sur le terrain vibrant des jeux d’eau illusoires.
Alexandra Bourré,
Les traditions réinventées de Didier Grare,
in Pratique des Arts, août 2007 .
Comme la Dronne qui me pardonne tout, je décris les méandres avant d’inscrire le mot « fin » à ces pages emplies d’Elle. je vais un peu la longer jusqu’à la route des platanes encore verts ; machinalement j’arrache un gros roseau près des nymphéas, le taille en biseau, comme un manche de gaule, le perce de trous, sept comme le veut la légende, et, modeste et moderne dieu Pan, satyre et bouc en moins, j’affecte de tirer des sons de ma flûte improvisée. Et miracle de la Dronne, j’entends, j’entends nettement à mes oreilles au rythme du tic-tac de mon cœur la chanson éternelle de ma rivière à la fois douce et insolente, aux couplets entraînants, vifs et gais, et dont le refrain me répète qu’ici-bas tout n’est qu’apparence, que tout semble s’enfuir, mais que tout revient et qu’un jour la Dronne m’emportera pour longtemps dormir en son sein où je connaîtrai enfin la vérité et tous les mystères de ses eaux.
Jean Rimeize, La Dronne, mes amours,
Fanlac Éd., 1990 .
De fougue, ivre de verts,
le rose s’empoupre et la valse des gestes déchire le regard.
L’œil à la bouche,…de sang, je peinds, une fleur, un printemps, qu’importe, la couleur commande, dominante elle glousse baveuse en mes entrailles.
Juillet 2005
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